Lettre 002 — Dyspraxie — Léa refuse de faire des activités

Enfant dyspraxique participant à une activité créative avec sa maman

La lettre reçue :

« Bonjour Grains de mois,

Ma fille a 9 ans et elle est dyspraxique. Cette année, elle refuse de faire des activités avec les autres enfants parce qu’elle a peur de ne pas y arriver et d’être moquée. Elle préfère rester à la maison. J’aimerais l’encourager sans la forcer. Est-ce que vous avez une idée ? »

— Maman de Léa, 9 ans


Chère maman de Léa,

J’ai lu votre lettre en pensant à toutes ces fois où un enfant préfère ne pas essayer plutôt que de risquer de ne pas réussir.

Parce que cette peur-là, je la connais.

Et parfois, derrière un « je ne veux pas », il y a simplement un :

« J’ai peur de ne pas y arriver. »

Alors peut-être que, cette fois, ce n’est pas seulement l’activité que votre fille refuse.

C’est le regard des autres.

Mais parfois, c’est aussi son propre regard sur elle-même.

Beaucoup de nos enfants pensent en images.

Quand on leur demande une tâche, ils peuvent parfois déjà la voir dans leur tête.

Une image précise.

Détaillée.

Parfaite.

Et puis il faut la réaliser.

Pour un enfant dyspraxique, les gestes peuvent être maladroits, moins précis, plus difficiles à coordonner.

L’image qu’il avait dans la tête est parfaite…

Mais ce qu’il parvient à faire avec ses mains ne lui ressemble pas toujours.

Et cette différence entre ce qu’il voulait faire et ce qu’il réussit réellement à faire peut être terriblement frustrante.

Parfois même aussi forte que le regard des autres.

La peur de se tromper.

De ne pas réussir à faire ce qu’on avait imaginé.

De faire moins vite.

De ne pas réussir comme les autres enfants.

Et à 9 ans, porter tout cela avant même d’avoir commencé, c’est beaucoup.

Alors non, je ne la forcerais pas.

Je commencerais petit.

Très petit.

Une activité qu’elle a envie d’essayer.

Peut-être avec vous d’abord.

Ou avec une seule personne en qui elle a confiance.

Sans compétition.

Sans comparaison.

Sans avoir besoin de montrer qu’elle sait faire.

Juste essayer.

Et si vous me le permettez, je vous conseillerais peut-être une activité à laquelle on ne pense pas forcément au premier abord :

la poterie.

Parce qu’elle peut réunir plusieurs choses intéressantes pour votre fille.

Dans un premier temps, si vous en avez la possibilité, elle pourrait commencer par quelques cours particuliers.

Pas de groupe.

Pas de regard des autres.

Pas de comparaison.

Elle peut simplement découvrir la matière.

Toucher l’argile.

Essayer.

Se tromper.

Recommencer.

Et progressivement, apprivoiser ses gestes.

Puis, lorsqu’elle sera plus à l’aise, elle pourra peut-être rejoindre un petit groupe.

Pas parce qu’on l’aura poussée à y aller.

Mais parce qu’elle aura découvert, petit à petit, qu’elle peut essayer.

J’ai d’ailleurs écrit un article sur cette activité :

« Activités DYS – Poterie et argile »

Si vous souhaitez découvrir cette idée plus en détail. 🌾

Et si elle refuse encore ?

Alors on peut aussi attendre.

Lui laisser du temps.

Lui montrer que vous êtes là, sans transformer chaque activité en occasion de la pousser à dépasser sa peur.

Le groupe viendra peut-être plus tard.

Quand elle sera prête.

Et ce jour-là, ce sera son petit pas à elle.

Pas celui que vous aurez fait à sa place.

— Grains de Mois 🌾

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